jeudi, décembre 14, 2006

Ne la laisse pas tomber

Hier, j’ai dévoilé à Choupinet les messages cachés derrière les photos des publicités, et qui nous sont destinés, à nous les fâmmes.

Bon, j’avais déjà eu l’occasion de le faire, lorsque je lui avais fait réaliser que dans les catalogues de vêtements, les mannequins posant pour les vêtements de grossesse portaient systématiquement une alliance.
De préférence bien en évidence, la main amoureusement posée sur le (faux) ventre.


Mais hier, je suis allée plus loin, et ce en faisant entrer un magazine féminin dans notre doux foyer.

Et pas n’importe lequel hein, pas un p’tit tendre genre "les magazines de filles pour les nuls", non non, j’ai apporté le petit livre rouge de l’avenue Montaigne, l’ayatollah de la mode parisienne, la Pythie du Carrousel du Louvre.
J’ai ramené "Elle"

Vous savez, "Elle", le magazine qui nous affirme que le caleçon honni de notre adolescence, devenu pour toute une génération le symbole absolu de la bobonisation et du "surtout jamais ça", est maintenant feushion car il s’appelle "leggings".
Et que nous on y croit (euh presque...).

Bref, alors que je lisais "science et vie" (ou que je surfais sur Marmiton, passons), Choupinet s’est plongé dans ce magazine hautement sociologique qui trainait sur la table.

Le temps passait, et je le sentais de plus en plus surpris, perplexe, et même troublé.

Bonne fille, je me suis intéressée aux émois qui le traversaient, ce qui a donné lieu à la conversation suivante :

- Que se passe-t-il on Choupinet???

- Rien, c’est juste que là, dans ton magazine, les filles dans les pubs, elles ont 12 ans, non?

- Attends, fait voir : ah non, pas forcément, disons que l’agence de pub s’est juste un peu endormie sur Photoshop.

- Quoi? Photoshop? Ce que j’utilise pour faire les bannières qui tuent de mon site adoré?

- Oui, bah accessoirement, ça sert aussi à transformer Geneviève Boudin en Claudia Schiffer. On voit ça notamment au blanc de l’œil, qui devient plus blanc que blanc.

- Mais regarde cette pub là, la fille ultra sensuelle, dans une pose digne du sex-shop du quartier (NDLR, oui, il est sympa mon quartier), elle a bien 12 ans quand même...

- Là? Oui, elle doit être assez jeune. Le truc pour distinguer une fille très jeune des autres, c’est de regarder les genoux.

- Ah oui?

- Sauf s’il y a eu un coup de Photoshop là aussi...

- Et ils pratiquent aussi le bon vieux copier/coller, parce que là, je ne me trompe pas, c’est bien la même qui fait les 15 pubs suivantes...

- Non, là c’est spécial. C’est Kate Moss.

- Et????

- Et elle a pris de la coke, et depuis elle symbolise la résistance modesque. C’est le Jean Moulin des podiums.

- Bon, et celle-là, Photoshop ou pas, avec tous ces cheveux, elle est pas super jolie non?

- Elle c’est particulier aussi.

- Hem hem???

- Papa est premier ministre.

- Et puis quand même, tes filles là, elles sont pas non plus super grosses.

- D’abord, "Elle" ne dira jamais "grosse" mais "ronde" ou éventuellement "pulpeuse". Et une fille pulpeuse selon "elle", c’est Monica Bellucci.

- Menfin, si on dit que Monica Bellucci est grosse alors on pourrait dire que...

Là, Choupinet m’a regardé de haut en bas et la conversation s’est arrêtée net.

Mais je crois qu’il a enfin compris la pression qui pesait sur nos frêles épaules à nous, les fâmmes, et pourquoi je cédais au marketing des crèmes qui repoussent les rides de l’intérieur (c’est concept), persévérais à acheter des yaourts 0%, mais, dans un élan soudain de lucidité, finissais par manger des Oréos, mal-coiffée en sweat-shirt sur le canapé.

jeudi, juillet 20, 2006

When I'm 64


Peter Quand j’étais petite, je pensais que je grandissais d’un coup à l’heure précise de mon anniversaire: j’étais persuadée de sentir mes os s’allonger, ma peau s’étirer et la sagesse m’envahir. Après coup, je trouve que c’était un bon moyen de limiter les accès de peur de grandir, de l’avenir, tout ce qu’on veut, à une seule journée.

Bien sûr depuis j’ai réalisé que la seule chose qui poussait subitement, c’était mon gras des fesses quand j’avais croisé le chemin d’Oréos, et qu’il fallait que je m’habitue à l’idée de grandir progressivement jusqu’à devenir une adulte.

C’est comme ça que, jusqu’à récemment, j’étais persuadée de n’en être pas encore vraiment une, d’adulte.

Bon ok, vous allez me dire (même si c’est pas super sympa…) que j’en ai bien l’âge, mais je crois que j’avais un peu occulté les évolutions de ma vie: D’accord j’ai un boulot fixe, mais après tout, on peut considérer ça comme un stage de (très) longue durée... Certes, y’a un homme qui habite chez moi, mais ça s’est fait naturellement, sans vraiment avoir de conversation sérieuse sur notre relation, son évolution... Ok, on va être copropriétaires, mais c’est juste parce que c’est plus intéressant, et puis c’est un peu comme pour le canapé qu’on a acheté ensemble en un peu plus gros...

Je n’étais pas non plus pressée d’évoluer: je n’ai pas de plan de carrière hormis "fais bien ton boulot et tu ne seras pas embêtée" et "si je ne m’amuse plus, je change"; Sur le plan personnel, je n’ai jamais pleuré devant Mariée Magazine ou couiné "j’en veux un" devant un nourrisson.

Mais voilà, avec l’âge avançant, j’ai dû admettre que je commençais à être une adulte, avec une vie d’adulte.

Oh, ça n’est pas venu tout seul comme pour certains, par exemple en voyant mes amis évoluer de leur coté, ou simplement en regardant le calendrier.
Non, le déclic s’est fait de façon plus pragmatique, plus sournoise: le banquier nous a imposé, à Choupinet et moi, d’avoir un compte joint.

Ca n’a l’air de rien un compte joint, des tas de gens en ont. Pourtant, ça m’a fait un choc.
Sur le coup, je me suis auto-rassurée, en me disant que ça ne changerait rien, qu’on serait toujours aussi foufous, et pour me convaincre, je me suis aussitôt habillée en baggy et mise à parler en langage SMS.

Bon, j’ai été bien ridicule (le langage SMS surtout...) et il faut être honnête, depuis je sens une différence: j’écoute Europe 1 au lieu de Ouï FM le matin (enfin ça, c’est pas forcément un choix, mais la vie de couple est faite de compromis), je ne pense plus au suicide si je ne sors pas un samedi soir, j’ai remisé mes fidèles Clarks derrière mes chaussures à talons, je classe mes relevés de banque, mes recettes pour-quand-j’ai-des-invités ne se limitent plus aux pates carbonara et à la tartiflette, j’envisage d’acheter une vraie voiture, je m’intéresse à l’équipement de ma cuisine aménagée...

Je sais bien qu’il y a des trucs qui ne changeront jamais: ma mère continuera à me rappeler de payer mes impôts, je ne dirai jamais des trucs tels que "je suis femme depuis que je suis mère", je préfèrerai toujours même Buffy contre les vampires à un débat politique ou à un documentaire sur l’économie marxiste, je glousserai toujours au restaurant avec mes copines, je ne repasserai pas mes draps, je continuerai à acheter des vêtements que je ne porterai jamais...

Mais quand même, la vie adulte, ça fait peur, on a l’impression que d’un coup, on doit être toujours sérieux, et éliminer toute spontanéité, légèreté. Je sais, ce n’est pas obligatoire ni inéluctable, mais il va falloir faire attention...
Je n’aimerai pas trahir celle que j’étais.



P. S. : tout ça pour un compte joint!!!

dimanche, mai 28, 2006

Béa von Colmar !!!


ArghConscience : Bon alors, c’est fini le blog? Il est parti au paradis des résolutions non tenues, avec la collection de timbres, le "j’aurais une vie plus saine", l’inscription au cours de danse biélorusse???

Béa : Non, non, c’est juste que cette année, c’est un peu la course, j’étais à Toulouse pendant 4 mois, et maintenant à Colmar pendant 2 mois…

Conscience : Mais c’est quoi cette excuse ridicule?!!! Pourquoi pas "j’avais piscine" non plus… Oh, y’a pas Internet là-bas? Et tu ne rentres pas à Paris les week-ends?

Béa : Bah oui, mais les week-ends j’essaie de voie ma famille, mes amis, Choupinet… Et puis on prépare le déménagement…

Conscience : C’est ça, fait-moi le coup du "ma vie est trop intense, elle n’est pas que virtuelle". D’abord ton déménagement, il est fin août, et pour emballer 3 cartons, je pense que si tu commences disons fin juillet, au rythme d’un carton par semaine, ça devrait aller.

Béa : Mé… heu…

Conscience : Je la connais moi la vérité. Tu n’as plus rien à dire oui… la panne sèche… plus une idée… plus rien… Tu es vide, sans intérêt…

Béa : Ouais euh bon, ça va là. Il va se calmer le Jiminy Cricket à la petite semaine… On garde son agressivité pour soi... C’est facile de critiquer, sans jamais être constructif. Ah, ça se gausse quand je rate la piscine un week-end, mais ça peut faire combien de longueurs en ½ heure hein?
Donc on reprend, j’ai une mission professionnelle passionnante mais très prenante, qui m’a emmenée à Toulouse puis en ce moment à Colmar, je découvre le bibeleskaas et le pinot noir, tout ça devrait finir le 30 juin, et là, on va voir ce qu’on va voir, je serais drôle, piquante, cynique, émouvante, j’écrirais des notes d’une profondeur sans égale, la galaxie des blogs chantera mon retour… enfin j’me comprends. Compris?

Conscience : Oui oui, désolée, j’voulais pas te fâcher. Je vais faire un tour à la piscine moi, m'entraîner un peu…

Béa : Pss, maintenant qu’elle est partie… Au secours, j’ai pu rien à dire, plus d'inspiration, le trou noir… Z'auriez pas des idées????

mardi, janvier 03, 2006

Bonne année!!!


Vous l’aurez remarqué, je peinais un peu pour trouver l’inspiration pour ma prochaine note. Pourtant, il y tant de sujets passionnants en ce moment: les résolutions du nouvel an, les cadeaux, les problèmes des banlieues, le gavage des oies, le téléchargement, le temps...

Vous pouvez donc remercier Ingrid, qui m’a transmis ce questionnaire-bilan, et vous a épargné une longue note ennuyeuse sur l’un de ces sujets.
Mais ce n’est que partie remise!!!


7 choses que vous voulez faire avant de mourir:
- Aller en Nouvelle Zélande
- Avoir des enfants
- Habiter à New York
- Réussir un mariage (et si y’a pas le choix, réussir le divorce)
- Chanter (juste)
- Prendre le temps
- Lire le blog de Foise

7 choses que vous faites bien:
- Ecouter
- Tendre l’autre joue
- Me souvenir des détails
- Les grimaces
- Travailler dans l’urgence
- Les paquets-cadeaux
- Pleurer devant un film

7 choses que vous ne pouvez pas/savez pas faire:
- Siffler
- Etre à l’aise dans une soirée où je ne connais personne
- Tenir un bébé dans mes bras
- Choisir
- Avoir peur du ridicule
- M'occuper des plantes
- Résister à l’appel du chocolat

7 choses qui vous attirent dans le sexe qui vous attire:
- La tendresse
- L’ambition (pas nécessairement professionnelle)
- L’épicurisme
- la gentillesse
- L’humour
- L’altruisme
- La force

7 choses que vous dites souvent:
En ce moment, je dis souvent "Bonne année!!!".
Tout en agitant les mains d'un air enjoué.
Ca vaut bien sept choses, non?

7 béguins pour des célébrités:
Pfff, ça va pas être facile de se limiter, j’ai toujours été très "béguineuse"...
Bon allez, les plus représentatifs de mes époques, par ordre chronologique:

- The Edge
- Freddie Mercury
- Gary Oldman
- Bertrand Cantat
- Matthieu Kassovitz
- Robert Badinter
- Sean Penn

(Merci de ne pas briser mes rêves de jeunesse)

7 personnes dont vous aimeriez qu’elles répondent aussi à ce questionnaire (si elles passent ici):

David pour qu’il mette (enfin) son blog à jour, Choupinet pour en savoir plus, Moby pour voir s’il revient sur mon blog...
Et pis voilà, j’arrive un peu tard, les autres ont déjà été cités par les autres répondeurs de questionnaire!